Les eaux turquoises de Phuket, Thaïlande

Publié le par Sam

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Certes la plupart des Chinois fêtent le Nouvel An Chinois en famille, c’est d’ailleurs souvent la seule période de l’année où ils se retrouvent. Mais de plus en plus de familles ont les moyens et prennent goût aux voyages. Cette année, je ferai comme cette partie de Chinois et je passerai les fêtes en dehors du froid humide de Shanghai, à profiter du soleil hivernal thaïlandais.

 


Phuket

Je concentre mon voyage sur une partie de la trompe de l’éléphant thaïlandais : Phuket, un symbole du tourisme dans le pays. On y trouve en partie un tourisme de luxe et de masse, avec de nombreux complexes hôteliers qui offrent un accès direct aux plages, avec des chaises longues plantées sur toute la longueur de toutes les plages, avec des restaurants italiens ou suédois qui garnissent les rues.

Mais Phuket est aussi une plaque tournante vers les très nombreuses îles, baies et plages alentours. On y rencontre alors des backpackers – comme moi – plutôt mal à l’aise face à ce tourisme de masse, qui trouvent cependant ce qui leur correspond. Plutôt que de loger directement sur une plage, nous préférons une auberge de jeunesse dans la vieille ville de Phuket, Phuket Town. De là-bas, il faut emprunter le bus pour atteindre une plage ou un port, mais on est chaque jour libre de se diriger vers un endroit différent. Il est très facile de suivre au départ de Phuket Town des tours plus ou moins organisés pour une journée, ou plus, en dehors de l’île principale.

Les autres clients des dortoirs de l’auberge sont de jeunes qui restent quelques jours en quête de calme, de paysages, de nourriture thaïe, de rencontres, avant de repartir vers de nouvelles aventures du côté d’autres îles plus reculées. Phuket est pour tous une étape dans la découverte du littoral thaïlandais.

 


Les Thaïlandais

Je ne saurais faire de généralités sur un peuple que je ne connais pas beaucoup plus après une si courte visite. Mais quelques faits remarquables sont à noter.

Les Thaïlandais montrent un amour et une loyauté inouïs envers leur Roi. Des photos de lui sont affichées partout dans le pays. Des statues dans les villes, des autels à son effigie sur les routes de campagne, les billets de banques, des affiches, des publicités, des cadres photographiques, … Existerait même une loi qui interdit de piétiner un billet de banque ou une pièce de monnaie, car l’effigie du Roi y figure. Le Roi règne depuis 1946. Les images le représentent d’ailleurs à toutes les périodes de sa vie de monarque.

Les Thaïlandais roulent à gauche certes, mais s’arrêtent pour laisser passer des piétons. Pas un klaxon en barrant la route. Pas de coup de volant pour passer autour. La voiture s’arrête, le chauffeur sourit, et la voiture reprend sa route.

Plus généralement, les Thaïlandais semblent très cool. Je ne me suis pas senti pressé une seule fois. Beaucoup sont là pour proposer un tour en moto, une course de taxi, une table dans leur restaurant. Mais personne n’insiste, et tout se fait avec le sourire. Même les agents de voyage ne cherchent pas à vendre à tout prix, mais prennent leur temps pour discuter. Il a l’air bon d’être stressé comme un Thaïlandais.

Ils semblent aussi très chaleureux et sincères. Combien de sourires ai-je pu échanger avec de simples inconnus dans la rue ? Le sentiment est humainement vivifiant.

Mon impression est excellente, et je me base à la fois sur mes deux semaines de tourisme ici et sur les échanges avec d’autres touristes qui ont visité d’autres parties du pays.


Ciel bleu, eaux turquoises

Phuket-Coral-Beach.jpgL’aéroport de Phuket m’accueille dès l’ouverture des portes de l’appareil par une chaleur humide et moite. Je porte encore pantalon, chaussures et sweat-shirt, bien qu’inutiles dans le sud de la Thaïlande à cette période de l’année, comme aux autres. Avec un sac de randonnée sur le dos en plus, mon corps comprend mal les températures hivernales de l’endroit. Mais je vais m’y faire. Je passe d’abord par l’auberge de jeunesse pour prendre possession des lieux et me changer. J’enfile un maillot de bain qui ne me quittera plus ; j’en profite pour ranger tout au fond de mon sac pantalon, chaussures et sweat-shirt. Ce sera deux semaines vêtu d’un maillot de bain et de tongues.

Malgré les annonces météo défavorables aux vacanciers, de rares nuages blancs fleurissent un ciel bleu bien dégagé. Le soleil est présent. Très présent. On le sent directement sur les jambes et la nuque via les rougeurs qu’il nous inflige, et indirectement à l’ombre par les températures qu’il nous inflige, au-dessus de 30°C toute la journée.

Le ciel est déjà beau vu de l’aéroport. Il devient magnifique avec la plage qui le met en valeur. Sur l’arrière-plan composé des bleus du ciel et de la mer, le sable jaune et les palmiers verts donnent de la profondeur aux paysages. C’est une carte postale qui se dessine devant moi. Je m’arrête d’abord au premier plan, paresser à l’ombre des palmiers. Puis je la parcours progressivement, me frottant les pieds au sable blanc et chaud, me baignant au rythme des vagues qui se cassent sur le sable, me promenant vers les rochers, découvrant les merveilles aquatiques… Jusqu’à plonger au plus profond du dessin.

Je m’approche du bord de l’eau, sur le sable fin de la plage Kata. Les vagues remuent le sable humide dans l’eau de mer, lui faisant oublier sa transparence, tout juste quelques mètres. Au niveau où l’eau chatouille les mollets des baigneurs, là où les vagues n’ont pas la force de remonter le sable à la surface, le sable se repose plaqué au fond et l’eau devient du bleu dont on fait les couvertures des magazines de voyage.

Phuket-Fish-1.jpgJ’ai dit plusieurs fois que j’allais découvrir le monde sous-marin. L’idéal pour une première approche, c’est armé d’un masque et d’un tuba. Je pars à l’attaque des rochers bordant la plage. Le masque dans l’eau, la respiration dans le tuba, je nage tranquillement à côté des rochers, aux côtés de la faune aquatique. Les poissons sont nombreux. Plus que je ne pensais. Plus proches que je ne pensais. Plus colorés que je ne pensais. Un en particulier me frappe : aussi haut que long, une dizaine de centimètres ; très fin ; des rayures noires et jaunes comme les Dalton, sa nage nonchalante et ses yeux innocents écument cependant rapidement les pensées de cow-boys. Ces rochers abritent aussi des larges poissons blancs que l’on confond avec le sable quand ils y restent immobiles. Ou encore des poissons plus longs, atteignant une cinquantaine de centimètres, d’un corps violet éclatant et dotés d’une bouche bleue avec quelques traits orange. Quel dommage que je ne sache pas les reconnaître et les nommer… Mais qui aurait cru que tant de poissons se joignent à nos galipettes dans les vagues ? Un masque et un tuba suffisent à ouvrir une nouvelle facette de la plage.

Cette eau de plage déjà me marque par sa pureté. C’était avant de vivre mes futures escapades en bateau, dans certaines baies que comptent les îles de la région, là où l’eau est encore plus limpide. Notre bateau navigue autour de Phi Phi Leh, nous laissant découvrir des endroits hors du commun tels que la Monkey Beach, habitée par de nombreux singes joueurs. Mais c’est l’autre côté de l’île qui m’a le plus impressionné. Plus nous approchons de la Maya Bay, plus nous pénétrons dans des eaux paradisiaques. Je me prépare. Les yeux grands ouverts. La crème solaire sur le dos. Le t-shirt dans le sac à dos. Masque et tuba en place. Le bateau jette l’ancre, je me jette à l’eau.

Que de magnifiques coraux ! Le sable à plus de cinq mètres de profondeur est surmonté de coraux de toutes formes et de toutes tailles. Les poissons ne se cachent pas plus sous les coraux avec que sans ma présence. Je nage autour d’eux, près d’eux – et même presque avec eux. Je me retourne, un banc de milliers de petits poissons transparents apparaît. Je penche la tête d’un côté, puis de l’autre, je fais un tour sur moi-même, je ne vois plus qu’eux. Aucun ne me touche, ils s’adaptent à l’obstacle que je suis. Je tends le bras, tous d’un même mouvement s’écartent pour changer la forme du banc. Ce ne sont pas des milliers de poissons que j’ai autour de moi, mais bien un tout qui réagit simultanément à l’environnement. Je nage quelques mètres en leur sein, avant de me laisser distancer par les petites créatures.

J’avais déjà vu des cartes postales, des photos du magazine National Geographic, des émissions de Nicolas Hulot. Là, je vois ces paysages de mes propres yeux. Le petit garçon qui est en moi ressurgit. Je veux voir les eaux turquoise, les poissons dont elles regorgent, les coraux qu’elles abritent. Les voir et les revoir. À coups de randonnées aquatiques, de traversées en bateau, de plongées sous-marines, de marches au bord de l’eau. Je veux jouer aux raquettes sur la plage, rester à admirer les palmiers. Je ne vois même plus les autres touristes autour de moi, ils s’effacent aussi vite que ces images idylliques apparaissent. Ces eaux là, on ne s’en lasse pas !

 
La plongée sous-marine

Un climat tropical, un hiver estival, des eaux claires, des coraux colorés, des poissons amicaux, … Ce sont les conditions idéales pour un baptême de plongée inoubliable. Ca tombe bien, la journée découverte de plongée est réservée.

 Malgré mon grand désir de m’initier au monde sous-marin, je ne sais pas vraiment dans quoi je m’embarque. Autour, on entend une seule et unique voix : la plongée c’est génial ! Jusque là, je n’imaginais que la faune et la flore aquatiques desquelles mes yeux allaient se ravir. Mais des questions plus pratiques font surface alors que le jour J approche. Comment ça se passe en fait une plongée ? Comment fait-on pour contrôler sa descente ? et sa remontée ? Comment ça marche les paliers de décompression ? Comment le corps réagit à la pression de l’eau ? Comment contrôler la quantité d’air des bouteilles ? Et si je consomme mon air trop vite ? Et si mon masque se remplit d’eau ? Et si je perds le régulateur de ma bouche ?

Mais pas de panique. Des gamins de huit ans réussissent tous les jours à surmonter l’épreuve, alors j’y arriverai aussi très bien. L’instructeur est là justement pour ça. Nous avons près de deux heures de traversée jusqu’à l’île Racha Yai, pour écouter les conseils de Will, notre instructeur.

Phuket-Clean-Water.jpgWill nous apprend les gestes indispensables à une plongée en toute sécurité. D’abord, l’égalisation de pression pour épargner les oreilles, puis la technique pour souffler l’eau hors de son masque sous l’eau, comment récupérer son régulateur si on le perd, et la manière de vider l’eau de son régulateur après remise en bouche. Ces techniques sont essayées hors de l’eau avec lui ; puis mises en application sous l’eau, toujours avec lui. Will insiste enfin sur la règle numéro un de la plongée : respirer, et ne pas s’arrêter.

Il s’occupera du reste, du niveau d’air dans notre gilet stabilisateur, de la quantité d’air restant dans nos bouteilles, et nous surveillera en permanence.

Nous plongerons une première fois à 6m, une seconde à 12m. Pas de quoi réveiller un pingouin thaïlandais me direz-vous. Ni même de quoi inquiéter les poumons de problèmes de décompression.

Le bateau coupe ses moteurs dans une baie de l’île Racha Yai. L’eau est magnifique. Des dizaines de bleus différents nagent autour de nous. Du turquoise clair au turquoise foncé. On aperçoit quelques poissons qui nous dansent une cérémonie de bienvenue, on aperçoit même le fond à près de dix mètres. Un fond que je vais partir explorer. Pendant trois-quarts d’heure, deux fois, je vais côtoyer poissons et coraux dans un monde où tant les trois dimensions, les palettes de couleurs que les dangers potentiels me sont inconnus. C’est la découverte.

Autour de moi, tous les plongeurs avancés s’affublent remarquablement facilement de leur matériel. J’y vais étape par étape. La boucle dans la main gauche, je boucle la ceinture de lests. Je m’assieds devant mon gilet et enfile mes palmes, avec la classe – et le charme ? – du débutant. J’enfile le masque autour du cou. Je m’affuble maintenant du gilet que Will a réglé, en ouvrant le régulateur (pour que je puisse respirer), en injectant de l’air dans le gilet (pour que je flotte une fois dans l’eau). C’est le moment de se lever. Waw ! C’est que c’est lourd ce bordel ! Deuxième tentative. Je tiens maintenant debout sur mes palmes. Quelques pas de canard, et me voilà face à l’eau. Je prends le régulateur dans la bouche. Je règle mon masque. Main gauche sur la ceinture. Main droite sur le régulateur. Plouf !

Après avoir testé un à un et face à notre instructeur les gestes vus sur le bateau, c’est le début de la plongée, la vraie. Près de trois-quarts d’heure jusqu’à 6m de profondeur. L’expérience de la première plongée est unique. C’en est une dont on se souvient, car elle répond à de nombreuses questions. Je vide l’air de mon gilet. Je respire tranquillement dans le régulateur. Mon poids fait le reste et m’emmène vers de nouveaux horizons. Je vois déjà les premiers poissons à hauteur des palmes. Les lois de la gravité semblent changer progressivement. À peine ai-je le temps de m’en rendre compte que mes oreilles me rappellent la différence de pression. Le nez pincé, je souffle – comme dans les avions. Plusieurs fois. On ne peut pas le faire assez disait Will ; eh bien moi, je ne le fais pas assez. Je remonte à coups de palmes, et reprends l’égalisation là où j’aurais dû la commencer. Je redescends.

Après la pression qui attaque les tympans, le contrôle entre descente, montée et stabilisation est la seconde difficulté. Il semble logique que plus on remplit ses poumons, plus on a tendance à monter ; plus on expire, plus on a tendance à descendre. Mais la première fois, je me vois surtout remonter sans comprendre ce qui m’arrive… Etrange sensation que de ne pas contrôler ses mouvements. Will vient me chercher. Il me tire vers le bas. Attention aux oreilles !

Trois-quarts d’heure de découverte technique, de prise en compte de la respiration, de l’utilisation de chaque élément du matériel de plongée. Cette première descente dans les entrailles de la mer d’Andaman est une réussite. Vivement la seconde ! Pour mieux admirer les poissons, pour nager plus loin, pour plus en profiter.

Même rituel que la première mise à l’eau. Plouf ! L’air du gilet vidé, la descente commence. Je prends une grande bouffée d’air, et sens ma descente ralentir. Puis j’expire longuement de façon à vider l’intégralité de mes branchies du jour, je me sens descendre de plus belle. Mes oreilles me rappellent que quelques coups de palmes vers le haut sont toujours nécessaires pour égaliser la pression.

Une fois accroupis au sol, nous nageons plus loin et plus profond. Jusqu’à 12m. Certes plus on descend, moins l’eau est claire ; mais on aperçoit encore le soleil de si bas. Je ne peux pas comparer avec une plongée dans la Manche ou l’océan Atlantique, mais j’ai bien peur de ne pas pouvoir y retrouver une eau si limpide. Nous remontons quelque peu, et continuons notre visite des alentours sous-marins de Racha Yai. Je suis Will à coups de palmes, jusque dans ses acrobaties aquatiques – pour lesquelles j’ai encore des progrès à faire. Il nous indique du doigt des spécimens de poissons de toutes les tailles, et de toutes les couleurs. Que du bonheur ! Aucun danger autour de nous.

Il faut savoir que certains poissons ne sont pas sans danger. Je pense particulièrement au stonefish duquel il est vivement conseillé de ne pas approcher. Mais ils ne sont pas agressifs, il faut juste s’en éloigner. Et Will connaît bien la faune hébergée par les eaux de Phuket. Il nous indiquerait du bras un éventuel danger.

Je me sens comme un poisson dans l’eau. Mais c’est déjà l’heure de remonter. C’est les oreilles sifflant légèrement que je retrouve la surface, que je retrouve le poids des choses, que je retrouve une vie à deux dimensions. Expérience réussie ; et vivement la prochaine !

 
Les moustiques

Qui dit climat tropical, températures estivales, dit aussi moustiques, beaucoup de moustiques. Eh oui, je n’allais pas me contenter de la faune aquatique, surtout que ce n’est pas tous les ans que je suscite l’intérêt de tant de moustiques au mois de janvier. Dès la tombée du soleil le premier jour, il n’a pas fallu une demi-heure sans protection pour que mon pied gauche soit la première victime d’un commando d’une dizaine d’entre eux. Vils et subtils, ils sont déjà partis lorsque je ressens les premiers boutons apparaître. Pas de pitié ! Je vais directement à la pharmacie la plus proche pour acheter anti-moustiques, crème apaisante, et anti-inflammatoire.

Ils m’ont bien fait souffrir, mais je garderai plutôt les poissons colorés que les insectes affamés à l’esprit.


Le retour

J’ai quitté la Chine des Lapins pour la retrouver sous l’année du Dragon. Cette année s’annonce riche en événements à tous les niveaux. Dans ma vie personnelle et professionnelle, pour la politique française et européenne, pour l’industrie asiatique, pour l’économie mondiale.

Mais faisons déjà en sorte que le Dragon de 2012 ne soit pas synonyme de fin du monde, mais plutôt de réussite, de vacances, et de nouvelles découvertes !

 

 

Galerie Photos

 

Allez voir une sélection de photos de ce voyage !

Publié dans Tourisme

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V
J'avais l'impression d'être en plongée avec toi en te lisant!<br /> Que du bonheur! On veut bien te croire...
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