Tibet - De Lhasa à l'Everest Base Camp

Publié le par Sam

Carte de Chine indiquant la position du Tibet

Premier jour, à Lhasa

Beijing - Lhasa

Lundi matin, lever 4h. À peine trois heures de sommeil. Direction l'aéroport. Fatigués mais excités. Le Tibet se rapproche. Difficile d'y croire après nos déboires successifs, mais nous n'avons jamais été aussi près !

En parlant de déboires, les quatre qui viennent de Xi'An prennent d'abord le train jusqu'à Chengdu, avant de prendre l'avion pour Lhasa. Ils ont quatre heures entre l'arrivée du train et le départ de l'avion. La veille, ils nous apprennent que leur train a une heure et quart de retard. S'il n'en perd pas plus, tout ira bien ! Mais on sent déjà le sort s'acharner sur nous...

Patrick et moi retrouvons Guillaume et Jason à l'aéroport de Beijing. Enregistrement de nos bagages. Quelques supputations quant à la bonne arrivée des quatre autres. Et un passage, sérieux, par la sécurité ; vérification prononcée des passeports et des permis d'entrée, passage aux détecteurs de métaux, allumage des ordinateurs, vérification des chaussures, vérification de présence de poudre sur les sacs, deux passages des sacs aux rayons X.

A l'aéroport de Lhasa

Finalement, nous rentrons dans l'avion. Et c'est le bon, de la compagnie Air China, garé à côté d'un avion Sichuan Airlines décoré aux couleurs de la province. Nous avons droit à du jus d'orange, à un petit déjeuner, à la joie de pouvoir se reposer quelques heures, à un film sous-titré chinois, en français !

Au bout de près de trois heures trente de vol, nous apercevons des montagnes au-dessus des nuages. Nous commençons à perdre de l'altitude. Nous en apercevons maintenant au niveau des nuages. Nous volons à 6000m, au milieu des monts tibétains qui nous chatouillent. Nous côtoyons des monts bien plus hauts que tout ceux que l'on trouve en Europe. Notre avion ne se contente plus de voler dans l'air vierge, il se fraie un chemin au sein de ces monts majestueux. Le paysage est impressionnant ! À côtoyer de si près de tels monts, je me remets à ma place et me sens poussière face à l'immensité tibétaine.

Entre deux montagnes, nous pouvons apercevoir quelques plateaux, certainement au-dessus de 4500m d'altitude ; verdoyants, habités et cultivés. Malgré la météo qui annonçait plusieurs jours de pluie ininterrompus, nous admirons ce paysage sous un soleil et un ciel bleu magnifiques. Moins d'une demi-heure au Tibet, toujours dans l'avion, et déjà la magie opère.

Sortis de l'avion, avant même de prendre des photos des montagnes environnantes, nous allumons nos téléphones. Quelques bips annoncent la réception de messages. Ils ont raté leur avion... disent-ils. Ce serait bien leur genre de nous faire une telle blague. Nous appelons tous leurs numéros. Leurs téléphones sont éteints. Ils sont donc certainement dans un avion. Nous réessayons vingt minutes plus tard, après avoir récupéré nos bagages. Leurs portables sont toujours éteints. Nous sommes alors certains qu'ils sont dans l'avion. Et s'ils avaient dû en prendre un autre, ils nous auraient prévenu. Ah ces p'tits lurons !

Jason et notre mini-bus
C'est à la sortie de l'aéroport que nous retrouvons notre guide, Li Xuebin, Franck de son nom anglais. Nous posons nos affaires dans le bus - un minibus rien que pour nous ; nous nous mettons de la crème solaire et attendons les autres. Ça y est, ils arrivent, fiers de leur blague. Nous prenons le départ, le guide se présente et nous rappelle le programme de la journée.


Potala Palace

Le Potala Palace

Nous avions eu peur de ne pas pouvoir y aller. Nous avons fait tout notre possible pour être certains de ne pas le manquer. Ce lundi, nous allons visiter l'ancienne demeure du dalaï-lama.

Construit au XVIIe siècle par le cinquième dalaï-lama, c'est le lieu de résidence principale des dalaï-lamas suivants ; jusqu'à la fuite de l'actuel et quatorzième en Inde, après le soulèvement contre l'armée chinoise en 1959.

Le palais s'élève sur la <i>colline rouge</i> au centre de la vallée de Lhasa. On peut l'admirer depuis une grande partie de la ville. Depuis la palais, la vue sur la vallée de Lhasa est imprenable. Et le temps qui nous accompagne lors de notre séjour ne fait que rendre les paysages encore plus magiques.

Le palais impose le respect par la vue qu'il offre sur la vallée de Lhasa, mais aussi par la vue que l'on a du palais depuis tout Lhasa ou presque. Après avoir déambuler dans Lhasa, ou simplement pris la route depuis l'aéroport, il est impossible de passer à côté.


Jokhang Temple

Après la demeure du dalaï-lama et une introduction au bouddhisme tibétain, nous visitons le temple Jokhang, le temple bouddhiste tibétain le plus connu et le plus prestigieux. Construit en 639 par le roi Tibétain de l'époque, il est aujourd'hui le plus vénéré des temples bouddhistes.

Le plus vénéré car il abrite une statue représentant le jeune Bouddha qui aurait été sculptée de son vivant. Lorsque l'on ne connait rien ou presque au bouddhisme, il est habituellement difficile de s'imprégner du lieu. Mais nous nous rendons compte, un peu, de l'importance du lieu grâce à la présence de nombreux pèlerins, au milieu des touristes encore plus nombreux, qui accomplissent leurs rituels de prière : des Kjangchag, prosternations qui consistent à se jeter à plat ventre, à se relever et à recommencer à l'endroit où les mains ont touché le sol.

Même s'il a été construit plus de mille ans avant le palais du Potala, ces deux monuments sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO dans l'ensemble historique du palais du Potala.

Le temple Jokhang est situé en plein centre-ville de Lhasa. Après notre visite de cet emblème du bouddhisme tibétain et quelques hésitations à partir nous coucher, nous continuons notre visite de la ville.


Barkhor Street

La Barkhor Street est la rue circulaire qui entoure le temple Jokhang, rue aujourd'hui plutôt destinée aux touristes. De nombreux magasins et stands vendent toutes sortes de souvenirs tibétains. Nous y voyons des moulins à prières, des bonnets tibétains, des instruments de musique pittoresques, des épées et dagues, de nombreux bijoux, etc. Petite balade sympathique, que l'état de fatigue de certains ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur.


Soirée dans Lhasa

Après le restaurant, nous souhaitons une bonne nuit à Franck. Nous nous posons dans l'herbe devant l'hôtel. Nous allons chercher quelques bières, de la Lhasa Beer. Nous discutons de notre séjour, de ce qui se passe au Tibet (nous osons, mais il n'y a personne autour de nous et nous parlons en français), de tout ce qu'il se passe dans le Xinjiang. Nous profitons de la nuit qui ne tombe pas avant 22h (contrairement à Beijing) ; du ciel non pollué pour admirer les étoiles, pour retrouver la Grande Ourse. Une longue journée de voyage et de visites ainsi qu'une petite bière nous suffisent à bien dormir le soir.


Deuxième jour, Namtso Lake

Lever 7h, mon mal de tête est parti, ou presque. Nous prenons le bus pour cinq heures de route en direction du lac Namtso.

Cinq heures de bus paraissent longues, très longues, surtout en sachant que ce n'est que l'aller, en sachant que c'est ce qui nous attend tous les jours pendant six jours, avant quelques quarante-huit heures de train. Mais les paysages du Tibet sont franchement magnifiques et loin d'être monotones. Nous ouvrons les fenêtres du bus très fréquemment pour prendre des photos. La conduite et les routes tibétaines nous obligent à nous transformer en photographes de l'X-Trem capables de prendre des photos dans les positions les plus folles à l'intérieur de ce mini-bus.

Seul bémol dans ce paysage, les lignes électriques. Elles sont même souvent en double ; nous ne comprenons pas comment autant de poteaux électriques ont pu être plantés les uns à côté des autres. Une histoire de pots-de-vin sans doute...

En direction du lac Namtso, nous admirons la campagne : vaches, chèvres et chevaux, mais aussi de nombreux yacks dans les vert pâturages. Les yacks ont même une impressionnante capacité à se nourrir sur un terrain entièrement rocailleux.

Nous pouvons aussi voir nos premiers villages, ou hameaux, tibétains. Des maisons de pierres, parfois décorées aux couleurs tibétaines : rouge, blanc, bleu. Nous avons presque cru à un hommage à la France en ce 14 juillet. Ces hameaux tibétains nous montrent bien leur situation paysanne, par leur simplicité, leur situation en milieu désertique, les nombreux murs de pierres posées et non cimentées...

C'est uniquement après près de cinq heures de route que nous apercevons le lac Namtso. Nous sommes sur un col à 5180m. En ce jour de fête nationale, nous sommes au-dessus de notre Mont-Blanc national... La classe ! Sur le col, des Tibétains sont accompagnés de yacks et proposent de les prendre en photo moyennant finance. Nous nous contentons pour l'instant de prendre des photos du lac, avant de reprendre le bus pour s'approcher du bord. La vue est magnifique !

Avant d'arriver sur la rive du lac, un panneau le vante d'être le plus haut lac du monde, à une atitude de 4321m. Wikipedia le trouve plus haut lac salé du monde à une altitude de 4718m, mais supplanté comme plus haut lac par le Sengli. J'ai trouvé plusieurs données d'altitude comme celle-ci incohérentes. Mais nous pouvons tous confirmer, ma tête la première, avoir été très haut.

Comme d'habitude, le tourisme chinois rassemble tout le monde au même endroit, avec le même point de vue sur le lac. Il mesure 70km de long et 30km de large, mais les touristes s'entassent sur un espace d'environ un kilomètre de large. Des paysans tibétains sont bien entendu au rendez-vous avec leurs yacks. Voyant leurs bêtes aussi dociles que fortes, nous les montons pour la photo souvenir. Je me répète, mais le paysage est à nouveau vraiment magnifique.


Hot springs

Sources d'eau chaude à 90°C

Sur la route du retour, nous nous arrêtons visiter des sources d'eau chaude. Ce sont les plus hautes du monde. Nous commençons par voir un bain d'eau chaude à 90°C. La frontière entre l'eau et la vapeur est assez floue. Quelques bulles explosent à la surface. Petite surprise de la maison, nous avons droit à un œuf cuit dans ce bain. Les œufs cuits à 90°C sont assez surprenant, avec un jaune parfaitement cuit tandis que le blanc est encore mou, l'inverse d'un œuf à la coque.

Le reste de la visite est une incitation à payer un complément pour se baigner. Nous voyons deux grandes piscines à plus de 30°C, ainsi que des bassins médicinaux aux couleurs variés. Bien entendu, ces bassins vont nous soigner de nos maux de tête, perfectionner notre peau et nous rendre bien plus beaux. Toujours est-il que nous baigner nous fera du bien. Deux heures de baignade où nous pataugeons le plus tranquillement possible. Je me laisse porter par l'eau, comme sur un nuage. Je respire profondément, le temps s'arrête. Je reste un bon moment dans les bains médicinaux. Cela fait du bien, je laisse ma migraine dans les bains.


Troisième jour, de Lhasa à Shigatse

Nous partons de Lhasa en direction de Shigatse, deuxième ville du Tibet avec ses 90 000 habitants. Sept heures de route, en s'arrêtant à plusieurs spots. Nous nous arrêterons au lac Yamdrok, un autre des quatre lacs sacrés du Tibet. Nous visiterons aussi le monastère Tashilhunpo.


Yamdrok Lake

C'est une journée avec beaucoup de route, de route de montagne. En gravissant le col, nous croisons des cyclistes Hollandais. Ils montent jusqu'à un col à 4441m, les courageux ! J'espère sincèrement qu'ils ont de meilleures suspensions que notre bus.

Lac Yamdrok

C'est de ce col que nous avons la meilleure vue sur le lac. Nous ne cherchons pas à marcher beaucoup, juste à nous dégourdir les jambes, à respirer l'air pur tibétain, à prendre de nombreuses photos. D'est en ouest, aucune habitation, aucune construction ne salit le paysage. Le lac est d'un bleu azur étincelant. Au plan suivant, les monts semblent propres et vierges de tout passage humain. Dans certaines directions, des monts enneigés s'élèvent sagement en arrière-plan. Je me ressource devant cette nature d'une pureté grandiose.

Nous reprenons la route après une vingtaine de minutes, longeant le lac ; toujours aussi magnifique.


Le glacier

Cela fait une demi-heure de route montagneuse que nous commençons à admirer des monts enneigés lorsque notre bus s'arrête. Il se gare aux côtés d'autres bus touristiques. Au milieu de touristes, mais pas trop, nous sortons tous nos appareils photo pour garder un souvenir du glacier.

Un glacier vu de plus de 5000m d'altitude

On croirait des roches blanches, incrustées dans une montagne de roches grises. De nombreux torrents coulent à flots, nous rappelant qu'il s'agit bien de glace. C'est la période de fonte. Nous l'admirons à 4020m d'altitude alors que son sommet, aujourd'hui caché dans les nuages, s'élève à plus de 7000m.

Au pied du glacier vivent des paysans tibétains. Ils élèvent chèvres et yacks sur la verdure, vivent dans des tentes rudimentaires toutefois équipées de panneaux solaires. Tous ces Tibétains s'approchent des touristes, ils proposent de prendre des photos avec leurs animaux, de vendre des colliers ou vêtements faits main. Les mêmes dans tous les points touristiques.

Le monastère Tashilhunpo

Après la demeure du dalaï-lama à Lhasa, nous visitons celle du banchan-lama à Shigatse : le monastère Tashilhunpo. blablabla... Pour plus tard !


Quatrième jour, en route pour l'Everest

De Tingri à l'Everest Base Camp

De Tingri à l'Everest Base Camp, le paysage de montagne est aussi magnifique qu'inattendu. Les couleurs sont dans les tons ocre, la verdure inexistante et remplacée par des roches, très riche en poussière. Il n'a a aucune trace de neige, même lorsque nous passons au-dessus de 5400m. On se croirait dans le désert du Nevada. Toute la richesse du Tibet résidence dans la multitude de paysages différents.

100km et 5h sur une route rocailleuse

La route sur le paysage rocailleux est très rude. Les suspensions de notre mini-bus n'arrangent rien. Cent kilomètres de pure souffrance crânienne, à moins de 20km/h. Heureusement que le paysage est au rendez-vous, avec ses montagnes désertiques et parfois la présence de plateaux cultivés ou de montagnes enneigés en arrière-plan. Le plus dur est de savoir qu'on le fera en sens inverse le lendemain. Mais avant ça, nous profitons du camp de base, et de la vue sur le Mont Everest.


Randonnée jusqu'à l'Everest Base Camp

Nous posons nos affaires dans la tente qui nous servira d'hôtel pour la nuit. On se fait offrir un thé au beurre de yack. Goût incroyable : ça sent et ça a goût de beurre fondu mais en plus fort, lait de yack oblige. Et nous sommes partis pour l'Everest Base Camp, le vrai, le militaire.

Quatre kilomètres de randonnées. Les quatre plus longs kilomètres que j'ai jamais parcourus. La migraine tape au même rythme que je pose les pieds au sol. Mais ce n'est pas grave ! Je prends des photos des yacks que l'on croise, de mes amis en moins bon état que moi. Enfin, nous retrouvons l'Everest sous nos yeux. Nous continuons. Nous nous rapprochons pour avoir une vue encore meilleure. Nous arrivons au niveau des militaires. Après la dorénavant traditionnelle vérification des passeports, nous montons une dernière colline. Les nuages viennent de se lever pour nous. Ça y est, nous sommes face au toît du monde !

Le toît du monde vu de l'Everest Base Camp


Une nuit à 5300m

Nous sommes tous très fatigués. La nuit tombe. Nous sommes sous la tente. Nous attendons le dîner tardif, chacun sous sa couverture. Soirée familiale au coin du feu, fourni en bouses de yack séchées.

Je dois sortir pour rejoindre mon lit dans une autre tente. Je lève alors la tête. Waw ! Quel ciel ! Je n'avais jamais vu autant d'étoiles. On peut voir la voie lactée légèrement verdâtre d'un horizon à l'autre. Je réussis même à repérer la Grande et la Petite Ourses. Je reste une dizaine de minutes à contempler le ciel, tremblant de froid dehors. C'est une sensation de légèreté énorme. Naturellement, jamais à Pékin je n'avais pu voir un tel ciel. Pas dans le centre de Lyon non plus. Même le ciel de le Sarthe de mon enfance est très loin de cette pureté. Mon seul regret est de ne pas avoir de matériel photographique pour mettre cette image sur papier. Tant pis, elle restera uniquement dans mon esprit.

La nuit est difficile. Il fait froid. Notre respiration dégage de la buée. Les couvertures tombent tout au long de la nuit. Mon mal de tête ne s'améliore pas. Le guide ronfle. Mais au réveil, nous avons à nouveau une vue dégagée sur l'Everest, avec une toute autre luminosité avant le lever du soleil. La nuit en valait la peine.


Cinq et Sixième jours, retour vers Lhasa

Pas grand chose à dire de ces derniers jours. Le paysage reste magnifique, nous continuons à prendre de nombreuses photos entre les sauts de suspensions. Et nous continuons à vénérer notre mini-bus.

Et vivent les photos du Tibet, j'adore !

Publié dans Tourisme

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P
Wouah ! Ca a l'air génial ! Vivement que j'y sois ! En plus, on aura vos galères de billets comme exemple... ;) <br /> A bientôt ! Bonne fin de voyage, et bon retour !
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L
ça a l'air d'avoir été un magnifique petit bout de ta vie dans un tout autre monde!!génial de faire ce genre d'expérience!!me donne envie de repartir!!bon retour en France!<br /> bonne continuation à toi!!!!
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