Des billets de train pour Lhasa... MAJ 8

Publié le par Sam

Depuis déjà quelques mois, nous prévoyons de partir une semaine au Tibet, histoire de dire bonjour à notre ami M. Everest, le Mont de son prénom ; ou plus sérieusement, de nous balader dans un tout autre univers, à visiter monastères, à admirer les paysages et même à faire quelques randonnées au-dessus de 4000m d'altitude.

Oui mais voilà, Beijing se situe à moins de 50m au-dessus du niveau de la mer, tandis que Lhasa est à près de 3700m. Tous, Chinois ou étrangers, agence de voyage ou amis ayant vécu l'expérience, nous ont conseillé de prendre le train jusqu'à Lhasa. 45h de train, certes, mais beaucoup plus sûr pour la santé de monter progressivement en altitude. Pas de problème, nous achèterons les billets de train dès l'heure de leur ouverture à la vente.


Le billet de train en Chine... Un avant-goût

Tickets de train en Chine

Je n'ai pas encore posté de messages sur l'obtention des billets de train en Chine. J'avais commencé à écrire un post à ce sujet, mais j'avais trop d'incertitudes et de contradictions, que l'on m'a données ou que j'ai vécues. Rien n'était clair, et j'ai laissé l'article moisir parmi mes brouillons. À défaut d'essayer de comprendre exactement comment ça marche je vais au moins raconter, au fur et à mesure, comment ça se passe pour ces billets de train pour Lhasa.

Première chose, il faut savoir qu'il est possible en Chine d'acheter ses billets de train 10 jours en avance seulement. 20 jours pour certains types de train. Déjà, première question à laquelle les Chinois ne répondent pas tous de la même manière : ça veut dire quoi 10 jours avant ? Si je pars le 10 juillet à 21h30, dix jours avant, c'est le 30 juin à 21h30 ? le 30 juin dès l'ouverture des guichets ? le 30 juin à une heure précise ? le 1er juillet à l'ouverture des guichets ? Certains optent pour le 30 juin à 19h. D'autres pour le 1er juillet à l'ouverture des guichets...

Facile à vérifier me direz-vous, il suffit d'aller à un guichet le 30 juin à 19h30, et de voir s'ils peuvent vendre ou non les billets. Ah oui, mais le guichetier Chinois n'a rien à voir avec un guichetier SNCF. Il voit que je suis étranger, il regarde ce que je veux acheter (références préalablement écrites sur un bout de papier), il cherche ; s'il n'a pas, il m'envoie chier. En pesant mes mots. Et si je demande des explications, il insiste en parlant plus fort et distinctement : "non, j'ai pas !". On peut toujours demander un autre ticket bien précis ou une autre date. Mais en demandant : "je dois être tel jour à tel endroit, je peux faire comment ?", on a droit à un énième "non, j'ai pas". Et ils n'ont pas l'air plus amicaux avec les autochtones. Jolie phrase que l'on apprend vite à comprendre en chinois ce "J'ai pas" : méi yǒu 没有.

Pour rajouter un peu de suspense, le système n'est pas centralisé. D'une gare à l'autre, ils ne peuvent pas vendre les mêmes tickets. Il m'est même arrivé qu'à un guichet, ils ne pouvaient pas vendre le ticket que je cherchais, mais qu'au guichet d'à côté ce soit tout bon.


Premier jour, à la gare

Comme nous comptons partir à Lhasa par le train T27, qui part de Pékin vendredi 10 juillet à 21h30, nous étions à la gare de départ du train le 30 juin à 20h pour acheter nos billets dès le début de leur vente. Une petite demi-heure d'attente pour voir la guichetière nous dire : "Non, j'ai pas !" Ah bah non mademoiselle, c'est pas possible ! Je demande si en revenant demain, je peux en acheter. Elle me dit que non, puisqu'il n'y en a plus. Je demande si c'est possible en autre lit (meilleure classe). Non, elle n'a pas de billets. Je demande si c'est possible en siège. Non, elle n'a pas de billets. Je demande si c'est possible un autre jour. Oui, il lui reste des billets pour la veille, uniquement en sièges. 45h en siège, c'est dur, mais c'est aussi impossible de quitter le stage avec un jour d'avance. Nous partons vers un autre guichet, persuadés qu'il y a bien un guichet qui sera capable de nous vendre un ticket moins de deux heures après l'ouverture de la vente.

Trois autres guichets, trois fois le même résultat, toutes aussi amicales. On a beaucoup entendu parler de marché noir pour les billets de train. D'ailleurs, énormément de gens se promènent autour de la gare arborant leurs billets aux yeux des passants ou appâtant les gens à la criée. Nous sommes persuadés que l'agence de voyages a plus de moyens que nous d'obtenir nos billets de train. Nous décidons de les appeler à l'aube le lendemain pour qu'ils s'en occupent. Je leur avais déjà demandé, ils m'avaient gentiment répondu que je pouvais m'en occuper tout seul.


Deuxième jour, l'aide de l'agence

Le lendemain matin, j'appelle Janice, mon contact à l'agence de voyages Tourochina. Elle demande à son contact de Pékin s'il peut obtenir des billets. Elle me rappelle une dizaine de minutes plus tard. Il n'y a plus de billets en gare. Mais il y en a au marché noir. Ce sera par contre 80Y de plus par billets. C'est tout bon pour nous. On accepte. Pensant que les billets, son contact les avait déjà. Non, c'est juste le tarif du marché noir. Comme s'il y avait un tarif établi pour le marché noir. Surprenant...

L'agence me dit de ne pas m'inquiéter, elle est confiante et on aura nos billets. Son souhait est bien sûr que l'on parte, ils perdraient de l'argent sinon, malgré l'avance que l'on a déjà réglée. Avance qui ne couvre que le coût du permis d'entrée au Tibet. Bon, si l'agence est confiante, nous allons attendre encore quelques jours avant de décider d'un changement de stratégie.

Nous espérons encore tous que cette histoire deviendra rapidement un souvenir à raconter lors des longues soirées d'hiver, le sourire aux lèvres. Mais si l'affaire s'était arrêtée là, ç'aurait été tellement moins drôle !


Troisième jour, la découverte du marché noir

Une journée passe, toujours pas de billets à l'horizon. Nous demandons à tous nos amis Chinois s'ils savent comment obtenir des billets au marché noir. Le plus naturellement du monde, les habitués du voyage en train sortent les numéros de mobile de dealers de marché noir. Ils les appellent. Les quatre premiers n'ont rien pour Lhasa. Par contre, ils essaient de nous emmener ailleurs. Non merci, nous ne cherchons pas à partir, nous cherchons à partir à Lhasa !


Quatrième jour, black market encore toi

Deux jours viennent de passer depuis que l'agence nous aide à obtenir nos billets. Deux jours pendant lesquels l'agence était confiante. Deux jours pendant lesquels elle se montrait rassurante. Jamais deux sans trois ! dit-on. Oui... mais non. Ce matin, elle appelle son collègue qui cherche à nous acheter des tickets. Il l'informe que pour le Tibet en période de vacances comme celle-ci, les dealers laissent les acheteurs désespérer afin de leur vendre la veille du départ. Elle nous dit donc qu'il est impossible d'avoir des infos avant le 9 juillet.

D'abord, je ne comprends pas comment ils sont si sûrs que ça d'aller les vendre leurs billets. Aller au Tibet, c'est suffisamment contrôlé pour que les gens soient prêts à payer cher dix jours avant, mais peut-être pas attendre la veille. Elle nous dit donc qu'il faut qu'on prenne un avion. Ah oui, mais l'avion, c'est trois à quatre fois plus cher. Et si nous ne sommes pas tous d'accord pour prendre l'avion, nous serons moins à y aller. Et nous paierons plus cher le tour avec l'agence. D'ailleurs, c'est le cas, tout le monde n'est pas prêt à prendre l'avion...

Nous cherchons donc encore d'autres moyens de trouver des billets de train. Mon coloc' chinois m'aide dans mes recherches. Il appelle plusieurs dealers. L'un d'entre eux lui conseille d'aller regarder sur Internet, certains dealers y listent les billets de train qu'ils ont en stock, en laissant leurs coordonnées. Google a même développé un outil de recherche de billets de train de seconde main : http://shenghuo.google.cn/shenghuo/pw_beijing/?ct=h. Et c'est comme ça que je trouve une annonce : quelqu'un propose cinq billets, assis, pour la date et le train qui nous intéressent. Je donne le lien à l'agence, qui appelle l'homme en question. Il lui reste quatre billets. Un homme de l'agence le rencontrera dans la journée pour vérifier que ce sont des vrais, et les acheter le cas échéant. Il est en effet assez facile de faire de faux billets de train ; il s'agit apparemment d'une pratique courante. Nous aurons bientôt des nouvelles.

Sam qui est plus fort que l'agence pour trouver des billets de train, vive l'ère du numérique ! Mais ne nous emballons pas. Nous commençons à comprendre que quand c'est possible, c'est toujours aléatoire.

Quelques temps plus tard, l'agence me recontacte. Elle me demande si nous sommes prêts à payer 150RMB de plus que le prix du ticket. A-t-elle enfin trouvé un dealer qui en a ? Heureux, je lui réponds que oui, nous sommes prêts. Quand puis-je aller les chercher ces tickets ? Ah non, elle s'est mal fait comprendre. Elle voulait dire que les billets à 80RMB de commission sont vendus la veille. C'est pourquoi son collègue avait dit qu'aucun résultat n'était possible avant le 9 juillet. Mais certains dealers sont prêts à vendre plus cher, plus tôt. Elle me demande juste mon autorisation au cas où ils en trouvent à ce tarif. Oui, nous sommes prêts à le payer ; en considérant cette dernière information comme une étincelle qui nous réchauffe le cœur.

Et c'est donc vers 18h heure locale que l'agence ravive encore un peu notre espoir de réussir à partir au Tibet comme nous l'avions prévu. On me dit en effet qu'il n'y a aucun problème à trouver des billets à 150RMB de plus. Mais qu'on ne peut pas me confirmer avant de les avoir. Demain dans la journée, je devrais avoir la confirmation définitive.
Demain dans la journée, serons-nous délivrés ?


Cinq et sixième jours, week-end

Samedi midi, je reçois un mail de l'agence. Ils ont les permis pour le Tibet. C'est cool, même si je ne m'inquiétais pas pour ces. Et dans ce mail, j'ai droit à un petit mot quant à l'achat des billets de train. L'achat des tickets est encore en cours. Mais bonne nouvelle, mon collègue me dit qu'il n'y a aucun problème pour les billets, il vous les enverra chez vous. Super nouvelle ! Oui super nouvelle, parce que même s'ils n'ont pas encore les billets de train, ils savent que s'ils ne nous les trouvent pas, on annule le voyage. Et si on annule, non seulement ils ne gagnent pas notre argent, mais en plus ils en perdent. Donc s'ils sont confiants et qu'ils ne nous demandent pas de réserver des billets d'avion, ça ne doit pas être pour rien.

J'annonce la semi bonne nouvelle à l'équipe, et nous pouvons partir sereins à la Great Wall Beach Party.


Septième jour, Hassan Céhef, c'est possible

Lundi matin, l'agence se remet au boulot. Je sais très bien que si je n'ai pas de nouvelles, c'est qu'ils n'ont pas encore les billets. Mais je demande quand même. Qu'ils comprennent que si nous n'avons pas rapidement nos billets, nous organiserons nos vacances ailleurs. Et pour ça, il ne faut pas attendre la veille. Personnellement, je peux encore attendre quelques jours, n'ayant aucune idée, encore, de quoi faire à la place ; et surtout aucune motivation pour organiser l'annulation de ce voyage au Tibet. Les autres veulent les billets avant mardi soir.

L'agence est au courant. Elle n'a plus que cette journée de lundi ainsi que le lendemain pour enfin nous annoncer qu'ils ont acheté nos tickets. Même si entre temps, j'essaierai de repousser l'échéance auprès de mes collègues français frustrés. Lundi soir, je rentre du boulot avec les mêmes nouvelles de la part de l'agence. C'est possible !

Arrivé chez moi, au moment où je me connecte, une fenêtre MSN s'ouvre illico. Guillaume a des infos. Un billet d'avion à 60% de réduction. Un total à peine plus cher que le train. Des billets depuis Beijing, d'autres depuis Xi'An. Tout semble tout bon ! Ah non, ils n'ont ce tarif que pour le 13 juillet, soit un jour trop tard. Mais on arriverait le matin avant 11h à Lhasa. Nous demanderons à l'agence s'ils peuvent tout décaler d'un jour. Ou bien nous ne commencerons notre tour à l'intérieur de Lhasa que le lundi midi. J'explique tout par mail à l'agence, qui a fermé depuis, pour avoir un commentaire sur ces billets dès le lendemain matin.

L'achat des billets de train est toujours en cours. Nous avons une éventuelle possibilité de billets d'avion. Certains de nos amis Chinois ont demandé à des amis, qui ont demandé à des amis... Guillaume et moi restons positifs ! Nous ne cherchons plus à comprendre comment ça marche en Chine. C'est bizarre. C'est fou. Crazy Chinese !


Huitième jour, dernier délai...

A priori, la plupart de mes congénères ne veulent pas attendre les billets plus longtemps. L'agence le sait. Nous les aurons donc aujourd'hui. Restons encore positifs. Naïfs me direz-vous. Oui, peut-être. Mais ça nous permet de rester actifs dans cette recherche.

Dès le lever, que j'ai de tardif d'ailleurs, je discute avec l'agence de voyages. On m'explique que les billets d'avion que nous avons trouvés et suggérés ne sont pas une bonne solution. La date d'entrée au Tibet est inscrite sur les permis, et cela pose un problème de ne pas la respecter. Elle se renseigne néanmoins auprès des autorités compétentes pour s'en assurer ; mais nous préviens de ne pas nous attendre à ce que ce soit possible. Dommage...

On continue par m'informer que la personne qui cherche les billets de train a dit qu'il lui sera possible de les acheter dès cet après-midi. Comme je l'ai déjà dit, j'ai arrêté de chercher à comprendre comment leur marché noir fonctionne... M'enfin, s'il le dit, on va espérer que dans le courant de l'après-midi, une bonne nouvelle nous parvienne.

Mardi soir, toujours pas de billets de train. Mardi soir, réunion de crise entre nous tous. Objectif : trouver une autre solution. Nous discutons de l'éventualité de prendre un billet d'avion à l'aller pour y aller. Le problème, c'est qu'il faut ajouter environ 1300RMB au tarif réel du billet de train. Le problème, c'est qu'il n'y a plus de billets d'avion pour arriver le 12 juillet de Xi'An, ils doivent arriver le 13 : le premier jour des visites. Le problème, c'est qu'on visite le Potala Palace le matin du 13 juillet. Le problème c'est que le Potala ferme en début d'après-midi. Le problème, c'est que nous n'accepterons pas de ne pas tout faire en payant beaucoup plus. Le problème, c'est que nous ne savons pas si l'agence peut tout décaler d'un jour.
Après une longue discussion, pleine de commentaires plus ou moins constructifs, nous tombons tous d'accord : l'avion à l'aller, on peut l'assumer si et seulement si l'agence s'engage sur le billet de retour et qu'elle garantit que l'on aura droit à toutes les visites prévues, surtout le Potala Palace.


Neuvième jour, discussions avec l'agence

L'agence est au courant, nous sommes prêts à venir en avion si nous avons confirmation pour un retour en train. Elle me certifie qu'il n'y aura aucun problème, mais qu'ils ne peuvent les acheter que dans trois jours. Ce n'est pas, ce n'est plus, une confirmation suffisante pour nous. Je leur demande une nouvelle offre écrite, qui comprend le billet retour, qui précise quel est le billet retour, et où l'agence s'engage à ne pas nous faire payer plus cher s'ils n'arrivent à prendre qu'un retour en avion. Elle attend la confirmation de son collègue de Lhasa, mais elle sera en mesure de le faire. Parfait !

Pour le moment, nous arrivons le 13 juillet à Lhasa, commençons le tour le 14, et repartons le 20 de Lhasa. Nous avons tout décalé d'un jour. En milieu d'après-midi, elle a la confirmation de son collègue de Lhasa. Ou la non confirmation plutôt. Il n'y a en fait qu'un seul train Lhasa-Chengdu tous les deux jours (parce que nous partons tous à Chengdu ensuite). Et forcément, c'est le 19 ou le 21. Nous ne pouvons pas décaler d'un jour de plus, certains ont des avions à prendre ensuite. Nous ne pouvons pas arriver un jour plus tôt, il n'y a plus de billets d'avion pour les quatre qui viennent de Xi'An. La dernière solution : nous arrivons le 13 juillet avant 11h à Lhasa, et nous commençons les visites dans la foulée. Mais il nous faut confirmation pour le Potala.

Tout a l'air bon. Je reçois une nouvelle offre. Avec une clause indiquant que l'on récupère 100RMB chacun si l'on ne peut pas visiter le Potala Temple. Je n'ai pas pu négocier mieux, étant donné qu'il est 19h et qu'elle ne peut pas avoir la confirmation de réserver des places pour notre groupe à un autre moment. Ça m'allait, parce qu'on ne pouvait pas faire mieux avant le lendemain, et que si ce n'était vraiment pas possible, tant pis pour le Potala Palace mais bonjour à tout le reste !

Mercredi soir, je rentre chez moi. Je pense que tout le monde va réserver ses billets d'avion le soir même. Mais c'était sans compter le fait que certains mettent plus d'importance à la garantie de la visite du Potala Palace que moi. Donc nous voulons des garanties le lendemain de la visite du Potala, et nous réserverons nos avions.

Je commence à en avoir vraiment marre. Notez que j'évite toute expression familière qui pourrait donner des nausées aux lecteurs sensibles, mais l'intention y est. Soirée pizzas, coca, bières devant la télé, ça fait du bien !


Dixième jour, Potala Palace, mais pas que...

Le dixième jour, la synchronisation entre tous continue à être difficile. Ceux qui partiront de Xi'An, qui sont un peu plus exigeants sur le programme, contactent l'agence pour arranger le tout vis-à-vis du Potala Palace. Entre temps, il n'y a plus de billets d'avion Xi'An - Lhasa. Une journée qui annonce la fin de tous nos espoirs de partir au Tibet, mais qui sera en fait riche en rebondissements.

Il est inenvisageable pour ceux de Xi'An de payer un billet en première classe. Nous cherchons donc des solutions.  Mais ces Xi'Annais (comme on ne devrait pas pouvoir les appeler) n'en ont pas pour venir ; aussi, ils n'accepteraient pas le voyage sans Potala. Ils veulent annuler. Un voyage à quatre ? Il faudrait encore rajouter 1300RMB par personne : impossible. Espoir gone...

13h35. Une autre solution sort de nulle part, un train Xi'An - Chengdu puis un vol Chengdu - Lhasa. Le tarif total est identique à l'avion depuis Xi'An en seconde classe. J'avais perdu tout espoir d'aller au Tibet, le voici retrouvé ! Mais mes collègues de Xi'An n'acceptent toujours pas un séjour sans visite du Potala Palace. Ils négocient eux-mêmes avec l'agence.

14h49. L'agence a la confirmation qu'elle attendait. On nous garantit d'aller visiter le Potala Palace. On nous garantit qu'il sera possible de profiter de tous les autres moments forts prévus depuis le début. Les gens de Xi'An sont à nouveau partants. Oui, mais certains avaient déjà considéré que l'on ne partait pas et ont prévu d'autres choses vis-à-vis du rendu de l'appartement ou autres... On attend la confirmation de chacun.

15h09. C'est bon pour tout le monde. Tous ? Non. Un de nous résiste encore et toujours à l'envahisseur. Il est en réunion. Injoignable, ni par email, ni par MSN, ni par téléphone, ni par SMS, ni par l'appel à un ami qui le cherche dans l'entreprise...

16h30. Nous attendons toujours une confirmation pour acheter nos billets de train et d'avion.

17h30. L'agence dans laquelle on peut acheter les billets de train ferme dans une demi-heure, il est crucial de réussir à trouver le vilain petit canard.

17h45. Ça y est, un de ses collègues l'a trouvé. Il était en réunion, dans une salle sombre du dernier sous-sol certainement. Il m'appelle.

17h51. Après quelques questions, il confirme que c'est bon pour lui. Sylvain récupère l'information. Il réserve ses billets de train.

18h30. Nous prévoyons de nous retrouver, les quatre de Beijing, ce soir. Nous saurons si tout est bon pour les autres, et nous achèterons nos billets d'avion en ligne.

19h30. Nous espérons encore, entre deux moments passés au rapport de stage ou aux tests de performances, que tout s'est bien passé. Nous aurons peut-être nos billets dans quelques heures...

20h15. Sylvain a bien réservé les billets de train. C'est le feu vert pour prendre les billets d'avion. Guillaume s'occupe de les commander. Il les fait livrer chez moi. Jason et lui viennent à l'appartement, et nous paierons cash au livreur. C'est la magie chinoise : payer sa commande sans surplus de coût en cash au livreur.

20h34. Je reçois un message. L'agence a réservé les billets Xi'An - Chengdu. Mais... Comment ça ?! Sylvain vient de les commander !! J'appelle Sylvain en catastrophe, qui me dit qu'il a fait deux choses : il a réservé les billets de train, sans les avoir payés ; il a aussi demandé à l'agence d'en trouver. Autant mettre toutes les chances de son côté. Je rappelle notre agence, on m'apprend qu'ils n'ont pas juste réservé des billets Xi'An - Chengdu, mais ils les ont payé. Ils expliqueront demain à Sylvain comment aller les récupérer. Sylvain est complètement d'accord. Petite frayeur de plus...

20h38. Il est en fait trop tard pour se faire livrer nos billets d'avion dans la soirée... Ils commandent toujours les billets, mais demandent à se faire livrer à leur bureau le lendemain. Par contre, nous devons toujours nous retrouver pour donner l'argent. S'ensuit une longue argumentation de chacun sur le thème : "Viens chez moi, on commande des pizzas, ce sera plus sympa".

20h51. Je perds. Je pars chez eux. Je sais que ça veut dire que je ne rentrerai pas avant tard dans la nuit : nous sortirons forcément manger un kebab et boire quelques bières. Et chez eux, c'est à une demi-heure de taxi de mon lit douillet. Je suis loin d'être couché.

21h19. Jason m'appelle. Je suis dans le métro.
"- Arf, déjà parti ? Dommage, on s'était dit que ça serait mieux si tu pouvais nous amener les permis d'entrée au Tibet. On en aura peut-être besoin demain à la livraison.
- T'inquiète Paulette, Sam pense à tout !"

21h29. Guillaume m'appelle. Je suis toujours dans le métro.
"- As-tu une version scannée des permis ? Parce que pour valider la commande des billets d'avion, nous en avons besoin.
- Ouais, c'est tout bon ! Ils sont sur ma boîte mail. J'arrive dans quinze minutes !"


21h43. J'arrive chez eux. Oufff. Ça sent la réussite pour aller au Tibet tout ça ! Après tant de rebondissements, que je n'arrive même pas à transcrire croyez moi ! Je me connecte pour envoyer les copies numériques de nos permis d'entrée au Tibet. Mais à nouveau, c'était sans compter que le sort s'acharne contre nous. Le mauvais œil Chinois peut-être. Ça nous donne une anecdote de plus. J'ai les permis de nous huit dans une archive RAR. Les fichiers au sein de l'archive ont des noms en chinois. Et nous avons ici des ordinateurs français. Qui ne veulent pas extraire de fichiers aux noms chinois. Après cinq minutes infructueuses, nous envoyons l'archive complète. Nous appelons le site de vente de billets pour savoir s'ils ont bien tout reçu, même s'ils en ont trop. Ils ont reçu. Ils ont imprimé les billets. Ils les livrent demain.

21h51. Les billets sont commandés, imprimés, prêts à être livrés. Il est l'heure de prendre l'apéro. Tant que nous ne serons pas sortis de l'avion à l'aéroport de Lhasa, le doute sur notre voyage subsistera toujours. Mais après tant d'espoirs et de désespoirs, nous sommes plutôt confiants quant à notre expérience Himalayesque !


Onzième jour, leur obtention

Nous étions censés partir ce jour, vendredi 10 juillet à 21h30. Nous étions censés prendre un train de 45h pour rejoindre Lhasa. Que nenni ! Mais on est bon. Sylvain récupère les billets de train Xi'An Chengdu cet après-midi. Médéric, Charles-François et Pierre sont ce matin à l'aéroport de Shanghai pour leur vol vers Xi'An. Ils récupèrent les billets Chengdu - Lhasa. Et même, ils ont récupéré les billets ! Et ce matin, Guillaume se fait livrer nos quatre billets d'avion Beijing - Lhasa.

Il peut nous arriver encore mille problèmes...
  • Crevaison du taxi pour aller à l'aéroport : on en prendra un autre sur le chemin.
  • Train Xi'An - Chengdu qui a 4 heures de retard : vachement improbable, mais nous ne pourrions pas faire grand chose dans ce cas. Il faudrait bien négocier pour rentrer dans un autre vol, et les quatre qui prennent ce vol perdraient la première journée de visites.
  • Panne de réveil lundi matin ; nous devons quand même arriver vers 5h du matin à l'aéroport : nous ne sortirons pas dimanche soir.
  • Le petit petit cousin du fils de la tante du grand père paternel de l'enfant de mon contact à l'agence fait ses dents, elle ne peut pas nous donner les billets de train. Avec les Chinois, on n'est jamais préparé à tout !!
Mais ça a l'air encore bon. Plus que les billets de train à récupérer dans les mains. Et Sylvain a deux possibilités pour les avoir. Lundi midi, 5h heure française, nous atterrirons à Lhasa pour une sacrée aventure


Le bordel qu'est la Chine

Amis Chinois, vous me pardonnerez. Mais c'est franchement le bordel pour voyager ici. Peut-être est-ce différent pour un Chinois... Certainement. Mais pas sur tous les plans, je pense.

Votre système de billets de train, même vous n'y comprenez pas tout. Il vous est impossible de planifier quoi que ce soit à l'avance. Il vous est même impossible de garantir un billet de retour quand vous achetez l'aller. Deanna me dit qu'un week-end, elle a dû rater un jour de travail parce qu'ils n'avaient plus de billet pour rentrer le dimanche soir, uniquement le lundi soir... Je n'imagine même pas les grèves hors normes en France qui nous auraient délivrés d'un tel système. Mais bon, on m'a avancé l'argument comme quoi les Chinois sont trop nombreux et les infrastructures ne permettent pas à tout le monde de voyager. Donc on limite. Et on contrôle le nombre de billets disponibles à chaque endroit pour donner sa chance à tout le monde, que ce ne soit pas uniquement les citoyens du web qui puissent épuiser toutes les places rapidement. OK, ça peut se tenir un petit peu. Mais faites quelque chose contre ce marché noir !

Et puis en tant qu'étranger, il est franchement impossible de travailler avec une agence de voyages chinoise. Si on résume, par rapport au programme initial nous payons 1300RMB de plus, soit une augmentation de 36%, pour vivre un rush la première journée, dès que l'on arrive à 3700m d'altitude. Tout ça parce que nous avons été suffisamment naïfs pour croire l'agence qui nous disait : C'est possible ! Et même en s'en rendant compte au plus tôt qu'on ne peut pas lui faire confiance, les billets d'avion sont déjà trop chers. Nous sommes obligés de continuer à faire confiance, ou bien nous annulons.

Pour conclure, nous aurions encore besoin de rester longtemps aux côtés de nos amis Chinois pour commencer à comprendre leurs relations, pour commencer à comprendre ce qu'ils veulent dire quand ils le disent. En tout cas, nos futures relations professionnelles avec des Chinois s'annoncent pleines d'imprévus. On sait au moins que ça va être difficile ; plus rien ne nous étonnera, ou presque.

Pour finir sur une touche d'optimisme, ça nous ajoute une semaine de souvenirs Tibétains. Et ça, ça n'a pas de prix !

Tibet, Lhasa, Everest, Shigatse, Potala Palace, etc., nous voilà !

Publié dans Mes aventures

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